Fan invité d’honneur: Taral Wayne

Taral Wayne: les vieux jouets

Tel qu’indiqué par le titre, cette appréciation de notre Fan invité d’honneur Taral Wayne, a été écrite par Mike Glicksohn en tant qu’introduction pour Old Toys (Les vieux jouets) une anthologie des écrits de M. Wayne publiée par DITTO.

Il y a de cela très longtemps, dans un fanzine très, très lointain, il y avait Les Croutch et Beak Taylor. Plus tard, aucune étoile ne brilla davantage que Boyd Raeburn. Pour un temps, Susan Wood et Mike Glicksohn tinrent la scène. Et puis il y eu le temps de Wayne MacDonald, qui devint Taral, et Victoria Vayne.

On aurait pu croire que notre amour commun des fanzines, de la passion qui s’y rattachait et de leur histoire auraient fait de Taral et moi des amis instantanés, mais la vérité est que pour un temps nous ne nous entendîmes pas si bien que ça. Je le considérais comme étrange et moins que doué socialement, en plus de vivre une existence vague et de porter des vêtements bizarres aux congrès. Pour autant que je sache, il pensait que j’étais un hippy vieillissant, un poivrot passé dû et trop bien payé qui avait déjà porté des vêtements bizarres aux congrès. Nous co-existions dans notre monde préféré mais nous n’y n’étions pas amis.

Et pourtant, ma réaction envers Taral en tant que personne ne m’empêcha jamais de reconnaître qu’il avait un prodigieux talent, qu’il était un fan dont le riche apport au monde des fanzines méritait une bien plus haute reconnaissance que celle qu’il a jamais reçue. (Que Taral n’ait jamais remporté un Hugo pour son art, alors que d’autres qui ne lui arrivaient qu’à la cheville en aient eu un, ridiculise quelque peu la validité de ce prix.)

Initialement, je le considérais comme un artiste. Je peux ne pas toujours avoir apprécié le thème de ses nombreuses couvertures et illustrations, mais ne peux nier l’incroyable talent artistique qu’il a déployé dans tout son travail, de même que sa minutieuse attention aux détails.

Il devint par la suite un excellent éditeur et je pris conscience de son habilité littéraire, premièrement en tant que reporter des nouvelles fanniques locales, puis comme auteur de quelques excellents articles qui, du moins à mes yeux, rappelaient le travail supérieur d’écrivains fanniques irlandais fameux, tels John Berry et James White.

Mon appréciation pour ce fan aux multiples talents continua de monter avec chaque nouvelle addition à son bagage. (Et, j’ai plaisir à le dire, nous surmontâmes nos réactions initiales envers l’un l’autre et devinrent, sinon des amis du moins des associés amicaux.)

DITTO a monté une anthologie d’une demi-douzaine des œuvres fanniques les plus significatives de Taral. Si vous songez à lui principalement en tant qu’artiste, je crois que vous serez surpris d’apprendre à quel point c’est un bon écrivain et je vous envie le plaisir que vous aurez à le découvrir pour la première fois. Si, comme moi, vous avez déjà lu la plupart de ces articles, faites-vous plaisir et lisez-les de nouveau. Et redécouvrez ce que de la très bonne écriture peut être dans ce genre particulier.

Taral est une des figures les plus marquantes dans toute l’histoire du fandom canadien et j’applaudis le comité de DITTO de l’avoir reconnu et de lui avoir accordé, en publiant cette anthologie, la notoriété qu’il mérite si richement. Maintenant, cessez de perdre votre temps, tournez la page et passez à de la prose VRAIMENT bonne !

— Mike Glicksohn
le 5 octobre 2002

Taral Wayne : rêves tangibles

Cette brève introduction par Robert Charles Wilson a été écrite pour une collection des oeuvres et dessins de M. Wayne qui n’a pas encore été publiée.

J’ai regardé évoluer le style de Taral depuis maintenant près de vingt-cinq ans, au travers de ses créations artistiques de science fiction, de ses caricatures, ses bandes dessinées et représentations anthropomorphiques. Et ce qui me frappe, malgré toute cette diversité, est la cohérence de sa vision.

Le romancier Stephen Milhauser, lauréat du Prix Pulitzer, a écrit une nouvelle qui a pour titre « In the Penny Arcade » (« Dans la galerie des machines à sous »), dans laquelle un adolescent revisite le parc d’amusement qu’il a aimé tous les étés durant son enfance. Mais le garçon a atteint un age critique. Ce qui semblait magique est soudainement tape-à-l’œil. L’automate cow-boy tire-vite, le vilain au chapeau noir de ses rêves et cauchemars, est devenu une vulgaire machine.

Le moment passe. On peut re-capturer la magie; elle n’est pas perdue; mais ce qui venait jadis tout naturellement demande maintenant un effort de volonté.

Ce qui est merveilleux dans l’art de Taral est précisément cette récupération volontaire de l’œil de l’enfant. Ici sont les trottoirs collants, les vitrines, cadeaux de Noël, astronefs, albums de bédé… de simples objets dessinés avec un soin attentionné. Ici sont aussi des représentations d’une sensualité plus adulte, mais le foyer n’est pas tant génital que textural : fourrure, verre, pierre, liquide.

Je me souviens d’un dessin que Taral m’a déjà montré, celui d’un garçon tirant un traîneau par une froide nuit d’hiver. Les traces du traîneau s’estompent au loin. Le garçon est emmitouflé pour un hiver canadien. Il est seul, et les étoiles brillent. (L’imagination fournit la buée de l’haleine, le craquement de la neige friable.) C’est l’autoportrait le plus frappant que Taral ai jamais réalisé, et il scintille au milieu de toutes les pièces de sa collection.

Entrez, et regardez l’automate prendre vie; oui, par Dieu, c’est possible, même après toutes ces années.

— Robert Charles Wilson
le 16 mars 2000

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Aug 9, 2009

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Aug 7, 2009

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